L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

les idées fausses sur l'OdB et la musique mécanique

Voici l'article qui est arrivé en tête lors d'un sondage! Premier ex-aequo avec le banc d'essais qui sera donc pour plus tard!

 

idées reçues.jpg

 

Pour faire admettre à l'humanité que la terre n'est pas plate, qu'elle n'est pas le centre du monde, qu'elle tourne sur elle-même et en plus autour du soleil, il a fallut vaincre beaucoup d'idées fausses. Les idées reçues sont tenaces et  certains sont même morts brulés vifs sur des bûchers pour avoir voulu faire admettre une vérité aux imbéciles et aux religieux.

D'ailleurs ils sont encore nombreux ceux qui attribuent  cette mésaventure à Galilée, alors que la victime de cette histoire est Giordano Bruno (encore une idée fausse, mais pas sur la musique mécanique) .

 Alors quitte à se faire des ennemis mortels, nous allons ici tenter de combattre quelques idées couramment entendues en montrant nos orgues de barbarie et largement répandues, mais souvent totalement fausses pour les unes et pour le moins inexactes pour les autres. Heureusement aujourd'hui les risques sont moindres à rectifier les erreurs, quoique sur les forums nous avons déjà reçu des injures pour ces mêmes raisons.

 

- 1)  Barberi constructeur d'orgue de barbarie italien a donné son nom à l'orgue de barbarie par déformation de son nom d'origine étrangère et donc mal prononcé.

M. Barberi a pourtant réellement existé, Giovanni de son prénom, né vers 1700 dans la région de Modène en Italie. Il a restauré des pianos,  fabriquait des orgues positifs et portatifs, mais les dates concernant sa biographie sont assez incertaines. A Modène, personne ne se souvient de ce M. Barberi. C'est pourtant un nom très commun en Italie. Dans les musées italiens, aucune trace, ni d'instruments,  ni d'archives. De plus les premières mentions du nom "orgue de Barbarie" datent de bien avant la naissance de M. Barberi. alors comment avoir inventé et donné son nom à un instrument  avant sa naissance ?

Si les Italiens, par l'intermédiaire de Barberie avaient inventé l'orgue de barbarie, ils l'appelleraient orgue de barberie aussi. Alors qu'ils le nomment  organetto.

Le passage de Barberi à Barbarie est un rapprochement linguistique du au hasard un peu trop facile. Comme  l’on ne peut pas donner l’origine du nom "orgue de barbarie". Certains sont prêts à saisir n'importe quelle explication. Les hypothèses fantaisistes circulent comme des rumeurs ; certains font allusion aux "canards" joués par les mendiants qui jouaient "faux" avec des instruments mécaniques et ces "fausses notes" sont aussi rapprochées des "canards de barbarie"  ; facile, mais peu probable et ni scientifique, ni historique .

Il s'agit d'un raccourci commode pour ceux qui ne vérifient pas leurs sources ou d'un canular qui fonctionne encore et repris un temps par des sites encyclopédiques comme wikipédia mais heureusement aujourd'hui le plus souvent rectifié. j'ai en mémoire  une liste de sites qui reprennent cette notion et perpétuent l'erreur. 

 

en lisant un ouvrage Le Traité de mécanique appliqué aux arts de J.A. Borgnis édité en 1820 et mis en ligne par Google.
page 178 §551 on peut lire la phrase suivante:
"l'orgue d'allemagne autrement dit de barbarie"
sur:http://books.google.fr...

http://forum.lixium.fr/d-1854111766.htm

 

Pour l'instant la seule piste pour l'origine de ce nom (uniquement chez les francophone) pour l'orgue comme pour les canards et les figues, dénommés de barbarie, c'est qu'ils nous viennent d'un pays "barbare" dans le sens d'étranger.

Une autre fausse piste était colportée par Alain Vian le frère de Boris (il distribuait même une petite feuille de papier imprimé)! Il vendait des instruments de musique mécanique dans le quartier Odéon/St germain à Paris et s'amusait à répandre une légende sur un hérisson qui faisait de la musique sur un instrument avec ses épines dans le jardin d'un noble anglais le conte de Burberry. Ce qui lui aurait donné alors l'idée des orgues de barbarie. Poétique et malicieux, mais peu se sont laissés berner, sauf quelques naïfs!

 

 - 2) Il n'y a pas de théorie de la flûte tout est empirique.

Les théories sur le fonctionnement  de la flûte ont  considérablement évoluées dans le temps et continuent encore d'évoluer avec les moyens modernes d'observations et les progrès dans les moyens de calculs.

Cavaillé Coll bénéficiait d'une bulle papale (dispense du pape en dérogation des règles pour pouvoir fumer dans les églises). Non pas pour satisfaire une dépendance au tabac mais pour faire des expériences en soufflant de la fumée dans les orgues d'église. Il pensait que l'air se séparait en deux vortex l'un à l'extérieur et l'autre à l'intérieur du corps de flûte.

On trouve pourtant encore aujourd'hui de nombreux auteurs d'ouvrages (comme Emile Lepp voir le point 11) sur le sujet pour affirmer que la lame d'air vient se briser sur le biseau pour se séparer en deux.

Cette idée est fausse (à cause de la persistance rétinienne) car on sait aujourd'hui en fait  qu'il n'y a qu'un seul vortex qui passe alternativement de chaque coté de la lèvre supérieure.

 

La bible des facteurs d'orgues français est le Dom Bedos un livre écrit en 1776 par un moine bénédictin à la demande du roi louis XV par  l'intermédiaire de l'académie des sciences.  Il lui aurait procuré des lettres de cachet en blanc pour embastiller les facteurs d'orgues peu enclins à répondre à ses questions. Après avoir moisi à la bastille pendant quelques temps, chacun a tenté de préserver ses secrets de fabrication et n'a répondu que partiellement aux questions. Dom Bedos par recoupement a fini par compiler quelques astuces et tours de mains qui sont encore utilisés jusqu'à ce jour, mais certains calculs lui sont restés cachés et tout particulièrement les calculs d'alimentation du débit d'air pour les flûtes (son livre n'en révèle pas les éléments pourtant alors connus des facteurs)  ni la véritable méthode de calcul de la progression et des diapasons en général car elle ne lui a été  que partiellement révélée mais jamais entièrement.

Il faut aussi souligner que pour comprendre le dom Bedos il suffit de connaitre la règle de trois et savoir utiliser  une  règle et un compas. Alors qu'aujourd'hui pour suivre les thèses de doctorats sur le sujet il faut faire appel à la dynamique des fluides, les écoulements laminaires et turbulents, les états de surfaces lisses et rugueux, la théorie du chaos, les logarithmes et nombres complexes, voir le calcul matriciel et les intégrales. Autant d'éléments qui n'étaient pas connus et encore moins utilisés, ni disponibles, à l'époque.

A ma connaissance les constructeurs d'orgues d'églises actuels n'utilisent même pas les notions modernes tel que le nombre d'Ising pour ne citer qu'un exemple.

 

Nous disposons aujourd'hui d' éléments un peu plus scientifiques pour prévoir et calculer les influences des modes de calcul d'un diapason de flûtes sans passer obligatoirement par sa construction réelle pour en mesurer les conséquences.

Par exemple: le nombre d'Ising, les diapasons avec progression progressive, les explications sur le réglage en lumière, etc...

Mais les croyances sont tenaces et les facteurs actuels font encore des mystères avec les diapasons de flûtes qu'ils prétendent secrets alors que les relevés des mêmes flûtes sont disponibles sur l'internet et mis à disposition par des amateurs passionnés pour presque tous les orgues historiques.

 

- 3) Dans une flûte tout est proportionnel

La réponse à cette question est dans le paragraphe ci-dessus on utilise la règle de trois pour mesurer des progressions arithmétiques.  La longueur des flûtes est soumise à une règle de progression géométrique donc logarithmique ou exponentielle. Il suffit d'observer une montre de flutes dans une église; les flûtes ne sont pas en escalier avec des "marches égales" les unes à coté des autres elles se succèdent avec des écarts inégaux mais visiblement reliés par des lois calculables.

Le calcul des lumières fait appel à des racines cubique de logarithmes qui sont des calculs accessibles  mais très étrangers au simple calcul proportionnel déduit d'une règle de trois. les autres éléments comme la largeur et la hauteur de bouche aussi. Donc il y a bien une relation mais elle n'est pas simplement proportionnelle (au sens mathématique du terme).

 

- 4) on peut reconnaître la nature du bois des flûtes à l'oreille

Le coté amusant dans la réponse à cette affirmation c'est qu'il suffit d'en faire l'expérience de façon empirique ce qui est le contraire de la façon d'aborder le sujet du paragraphe 2 précédent.

Je pense sincèrement que l'empirisme peut approcher l'optimum sinon la perfection. Mais Je pense aussi que l'on peut mettre à l'épreuve une telle proposition de la manière suivante:
On fabrique une série de flûte avec une certaine nature de bois par exemple du chêne et une autre série avec un autre bois par exemple du cèdre. Puis on fait écouter à celui qui dit qu'il peut entendre les différences si il reconnait à l'oreille et à l'aveugle avec un taux nettement supérieur à 50% c'est qu'il dit vrai! Sinon c'est effectivement une idée qui tient d'une croyance quasi mystique.

Mais même dans ces conditions si une oreille entrainée qui peut effectivement percevoir des différences, elle peut être trompée et mise en défaut par une technique simple.

La véritable question est en fait :  est-ce bien la nature du bois qui influence le résultat?

Car je suis sincèrement convaincu d'être capable d'obtenir un même timbre en partant d'un  matériau quelconque si je trouve le moyen de lui donner le même état de surface qui génère les couches limites et donc le résultat sonore. Je me fais fort alors, de tromper l'oreille de celui qui passerait le premier test et de d'obtenir l'inversion des résultats de reconnaissance de "nature de bois" en démontrant qu'il s'agit en fait de reconnaissance de "nature d'état de surface". Mais aucun de ceux qui sont venus m'affirmer de tels propos n'a accepté de pousser l'expérience ne serait-ce que pour tenter de différencier à l'aveugle des bois différents.

Pour vous en convaincre lisez l’article sur le choix du bois.

 

- 5) L'air qui passe à travers le carton alimente directement les flûtes

Là il ne faut pas croire que seuls des amateurs ignorants font circuler de telles inepties! J'ai en ma possession un livre d'un  spécialiste de l'acoustique musicale qui se permet d'affirmer une aberration pareille.

  Il s'agit d'Emile Leipp qui ne connait pas l'orgue, ni l'orgue de barbarie et commet des erreurs majeures quand il en parle dans son ouvrage "acoustique et musique" chez Masson dont la première édition date de  1971. Pourtant une référence pour les professeurs de musique:

page 70 pour décrire son fonctionnement il écrit: "La feuille perforée défile entre le sommier et le pied des tuyaux. Lorsqu'un trou se présente au pied du tuyau, de l'air comprimé fourni par un soufflet passe; le tuyau sonne".

C'est ce genre de croyance qui a donné naissance à l'orgue Busker de John Smith en Angleterre et qui donne un orgue dont les basses sont sous alimentées. Il manque les soupapes de déclenchement entre les deux et c'est bien là le cœur du  fonctionnement d'un orgue de barbarie.

 Tout amateur qui a construit son orgue (sauf les anglais bien sur) ne peut ignorer l'importance des systèmes de commande entre l'air des cartons et l'air des flûtes. Un trou de 3mm de diamètre dans le carton ne peut permettre d'alimenter une basse qui demande plutôt un diamètre de 15mm .

Il n'en reste pas moins que lorsqu'il parle de ce qu'il connait son livre est une véritable mine d'or!

 

- 6) il faut évidemment avoir l'oreille musicale pour construire et accorder un orgue

Les gents pensent que comme pour un piano l'accordage est affaire de spécialistes qui travaillent à l'oreille.

Les constructeurs amateurs qui ont atteint cette étape ne  sont pas honteux de montrer  un accordeur électronique comme ceux des guitaristes qui nous facilite grandement cette opération. On peut quand même utiliser la même méthode que les accordeurs en écoutant les battements si on pratique l'accordage avec cette méthode mais ce n'est pas mon cas et je suis l'exemple parfait d'un constructeur qui n'a pas l'oreille musicale.

Il faut bien différencier l'accordage d'un piano qui demande de tenir compte de l'inharmonicité due à la raideur des cordes et l'accordage d'une flute à corps résonnant qui n'a pas les même propriétés.

En clair je suis capable d'accorder mon orgue de barbarie avec un accordeur mais pas mon piano pour lequel je fais venir un professionnel (même si je connais la démarche pour l'utilisation des battements dans l'accordage du piano). Les flûtes n'ont pas les mêmes propriétés (avec un corps où l'air résonne) que des cordes vibrantes présentant une raideur à cause du module élastique.

 

- 7) la tradition ne passe que par l'utilisation d'une manivelle et des cartons

On peut aujourd'hui s'en dispenser avec par exemple un système midi et une soufflerie motorisée. Mais ce n'est pas l'unique raison:

Visionnez la vidéo de l'association ritournelles et manivelles avec Riton et Arnaud et toute leur équipe: http://vimeo.com/83270841 écoutez bien à 9' 34"
Ce qu'il faut retenir du discourt de Riton c'est qu'un chanteur de rue avec un  orgue type 27t pneumatique type Erman à flûtes en pression et plein de tiroirs remplis de cartons c'est du fantasme parce que ça n'existe en France que depuis les années 1970, très exactement depuis 1973 et l'atelier de Jean-Paul n'a été ouvert qu'en 1982.


Dans le temps c'étaient des mendiants avec des organettes à rouleaux de papier et une lecture à picots ou plus souvent mécanique par opposition à la lecture pneumatique et souvent en aspiration et des anches. La tradition dont certains nous rabattent les oreilles ce n'est qu'une invention récente du pur fantasme!! Ils ont des souvenirs implantés qu'ils n'ont jamais vu! Sauf au cinéma où les anachronismes sont courants et facilement détectables pour un initié.

Bien sûr les cartons existent depuis plus longtemps mais dans les gros orgues de foire! rien à voir avec les chanteurs de rue.

Les nostalgiques (pour ne pas dire les hayatollahs) du carton et de la manivelle même lors de l'utilisation d'un système midi demandent d'asservir le tempo à leur manivelle c'est regrettable pour eux car alors ils tournent avec une production d'air maximale en permanence ce qui produit un bruit continu et gênant à la soupape de décharge et cela demande aussi  un effort supplémentaire qui n'a lui aussi aucune utilité puisque comme déjà dit plus haut on peut tout de même modifier le tempo par les boutons (ce qui ne présente aucun intérêt non plus, si on a choisit le bon tempo au départ). Cela démontre surtout leur méconnaissance du système midi. (ça nous fait penser à ceux qui regrettent les scratchs des disques vinyles sur leur lecteur de CD.) Ces mêmes défenseurs de la tradition qui se permettent d'interdire les orgues midi sur certains festivals, oublient qu'avant les cartons, les orgues de barbarie étaient munis de rouleaux à picots à quand les festivals sans cartons au nom des rouleaux à picots?Et que l'on continue encore à en fabriquer à notre époque.

 


 

 

Et que tout au contraire c'est l'informatique qui a débuté avec des cartons perforés. On appelait ça de la mécanographie... Et que l'orgue de barbarie est l'ancêtre de l'informatique c'était un ordinateur en bois!

Avec une mémoire binaire sur picots ou carton, une source d"énergie à l'huile de coude, des transistors pneumatiques, une sortie d'écran pour nos oreilles et une option de clavier à prise normalisée en mécanique !

 

- 8) un orgue avec de l'électronique c'est de la triche autant mettre un magnéto dans une caisse

C'est dans la continuation de l'affirmation précédente le but étant de justifier malgré tout l'interdiction des orgues à système midifié. Les ignorants confondent volontairement les premières tentatives maladroites de synthèse sonore d'orgues électroniques et le stockage des informations sur un support électronique qui actionne un véritable orgue dont le son reste celui d'un instrument totalement identique à ceux avec cartons du point de vue de la sonorité. Rien à voir avec la synthèse sonore et un enregistrement audio.

Encore une fois les cartons ne sont qu'une évolution du support des informations après les picots et ils n'étaient qu'un progrès qui correspondait aux techniques les plus modernes de l'époque.

L'électronique n'est qu'une évolution logique de la musique mécanique actuelle qui permet en plus de  synchroniser tout un orchestre et là ça swing un peu plus. Surtout si vous y incorporez une batterie mécanisée elle aussi!

 

- 9) la musique mécanique c'est la mort des musiciens et de la musique vivante

 Ce sont souvent des musiciens ou plutôt instrumentistes eux-mêmes qui viennent tenir ce genre de propos!

D'abord il faut souligner que derrière un air de musique mécanique il y a toujours un véritable musicien qui a passé plusieurs jours à arranger la musique qui est jouée par l'instrument c'est un professionnel que l'on nome un noteur. Il n'est pas visible mais il est toujours là dans l'ombre derrière l'arrangement du carton.

Mais surtout il existe une quantité incroyable d'orchestres d'instruments joués par des musiciens tant professionnels qu'amateurs alors que je compte sur les doigts d'une seule main les orchestres d’instruments mécaniques. On est très loin de provoquer une extinction!

De plus depuis l'apparition des systèmes qui ont introduit la musique dans tous les foyers en évoluant depuis la musique mécanique vers l'électrophone puis la radio et enfin l'informatique avec les réseaux sociaux et l'internet force est de constater que la musique et les musiciens se sont bien plus développés qu'au temps ou ils n'entraient que dans les salons de la noblesse et les cœurs d'églises. Alors arrêtons de promettre la fin d'un monde à chaque évolution de la technique. En fait ces évolutions nous donnent toujours plus de liberté et un accès de plus en plus démocratisé voir carrément populaire et moins élitiste à la musique.

La musique mécanique a elle aussi faillit disparaitre avec l'arrivée de la musique sur les autres supports disques et radio par exemple. C'est plutôt à nous de faire de la résistance.

 

- 10) Seul un orgue de plus de 100 ans peut prétendre être traditionnel

Argument de marchand d'antiquités qui n'a pas d'oreille et un porte-feuille à la place du cerveau même si dans les antiquités il y a des merveilles.

Et je me demande bien les énormités que pouvaient sortir les traditionalistes à l'époque de leur fabrication!?

 

- 11) Le biseau c'est la partie en sifflet de la façade de la flûte (que les facteurs d'orgue appellent la lèvre supérieure)

c'est une partie toujours visible mais ce n'est pas la bonne. Il faut éviter dans notre vocabulaire ce mot « biseau » qui normalement ne désigne que le bord (incliné) du noyau avant la lumière (et qui est donc caché) mais que les acousticiens et physiciens par confusion utilisent systématiquement pour la pente de la lèvre supérieure  ce qui le rend par conséquent ambigu pour les novices.

 C'est encore le cas d'Emile Leipp (tient encore lui) qui ne connait pas l'orgue, ni l'orgue de barbarie et commet ces erreurs majeures quand il en parle dans son ouvrage "acoustique et musique" :

 page 218 il confond la lèvre supérieure et le biseau confusion qui prouve son ignorance du sujet avec l'assurance d'un spécialiste de l'acoustique, une spécialité voisine mais pas celle de l'orgue de barbarie qu'il prétend expliquer. Cela contribue à perpétuer des confusions malheureuses avec en plus l'affirmation qu'il a levé les ambiguïtés un comble! en plus il produit un croquis avec une flûte couchée à l'horizontale, une lumière aussi large que la hauteur de bouche et prétend que les autres appellent son biseau lèvre inférieure alors que c'est lui qui ne sait pas où est la lèvre inférieure de la pure mauvaise foi. Mais encore une source de confusion!

 

il affirme dans le paragraphe suivant:

"La forme d'une lame d'air est bien régulière et fixée une fois pour toutes. Il suffit que le biseau soit placé au bon endroit pour que la lame d'air vienne s'y briser et produire, à coup sûr, le son."

Une simplification digne d'un véritable conte pour enfants quand on sait que le vortex est turbulent et qu'il passe alternativement de part et d'autre de la lèvre supérieure sans se "briser" donc tout sauf fixe et que c'est le corps de flûte qui agit comme un résonateur la "lame d'air" comme il dit est un vortex qui agit comme excitateur!

Donc il y a aussi des erreurs dans les livres (mais encore moins que sur l'internet)

 

 

- 12) Le pliage du carton par la méthode du double encollage est réservée aux cartons pour orgue à lecture mécanique

C'est une croyance tenace chez beaucoup d'utilisateurs d'orgue à lecture mécanique mais fausse. Il est vrai que cette pratique est plus souvent utilisée pour la lecture mécanique mais certainement pas exclusivement.

Le contre exemple  idéal c'était Paul Boyadjouglou fabricant de cartons et noteur de Montesquieu Lauragais qui le pratiquait pour ses cartons de 27 touches pneumatique et qui était réputé pour obtenir la meilleure qualité à ce point de vue. malheureusement il a cessé son activité. Cette technique reste de loin la meilleure pour le pliage des cartons pour les professionnels mais n'est pas la plus pratique pour les amateurs, parce qu'ils cherchent l'économie de matière et d'espace. En effet elle consomme deux fois plus de carton et prend aussi deux fois plus d'épaisseur pour le rangement.

 

- 13) le toucher des pianos pneumatiques est plus lourd à cause du mécanisme pneumatique en plus

Encore un idée reçue de soit disant pianistes à cause de l'idée qu'ils s'en font sans rien y connaitre. Si il est effectif qu'il y a des  choses en plus dans un player piano (piano pneumatique à rouleaux) elles sont indépendantes de la touche blanche ou noire du clavier qui actionne le chevalet en lançant le marteau. Le système pneumatique actionne le chevalet comme une touche supplémentaire et indépendante et n'a donc aucune influence sur la mécanique des touches du clavier. Bien sur ici aussi il faut regarder à l'intérieur dans ce qui est caché pour le savoir et surtout avoir vu et compris le fonctionnement des touches de pianos ordinaires et des pianos pneumatiques.

En fait c'est même le contraire car pour que les touches s'enfoncent toutes seules quand le piano joue elles sont plombées et donc allégées pour un pianiste.

Les aprioris imaginaires sont plus forts que la sensibilité réelle de leurs doigts.

 

- 14) La musique mécanique reste mécanique et sans nuances, elle ne permet pas les variations qu'un artiste vivant peut obtenir sur un instrument comme le piano.

Pour un orgue c'est incontestable puisqu'il n'y a pas de gestion de la vélocité comme pour un pianiste même dans un orgue d'église donc pour l'orgue de barbarie aussi.

Si cela peut être vrai d'un arrangement de mauvaise qualité sur un piano pneumatique, la génération de pianos dit reproducteurs comme les Welte mignon, Ampico ou Angélus par exemple sont capables (depuis l'apogée de cette technique) de reproduire exactement toute les nuances de toucher des artistes de l'époque et nous disposons aujourd'hui de véritables enregistrements de grands artistes célèbres et disparus qui sont d'une présence inégalée même par rapport à nos enregistrements haute fidélité.

Un exemple avec une vidéo d'un piano Ampico qui va vous montrer les nuances du touché parfaitement reproduites:

 

 Ultime tentative pour dévaluer la musique mécanique! Bien au contraire la musique mécanique est libérée des contraintes d'un humain qui n'a que dix doigts et qui est limité dans sa vitesse d'exécution et l'empan d'une main (les écarts possibles entre le pouce et le petit doigt d'une main) . Elle donne accès à des possibilités dont les limites ne sont plus que celles de nos imaginations.

La musique mécanique permet d'exécuter une musique écrite pour un extra terrestre qui aurait vingt doigts au bout de 6 mains aussi larges que le clavier entier et dont chaque doigt peut jouer à des rythmes indépendants et endiablés; hors d'atteinte pour un humain!

C'est justement cette liberté qui est si mal exploitée dans les fichiers midi qui circulent et qui généralement se contentent de ne reproduire que le jeu ordinaire d'un interprète humain (avec quelques exceptions tout de même).

 

- 15) La technique des rouleaux de papier est abandonnée et ne permet de ne jouer que des airs avant les années 1930

C'est ignorer qu'on peut encore en faire et en trouver la preuve cet enregistrement de 1992:

 

 

 

- 16) ça doit être lassant et fatiguant de tourner une manivelle toute la journée

 Si un  orgue est mal conçu s'est probable mais par expérience personnelle je peux affirmer que je peux tourner mon orgue tout un week-end sans fatiguer et surtout je ne m'en lasse toujours pas.

 

-17) On peut alimenter toutes les flûtes d'un orgue de barbarie avec un même diamètre d'alimentation

Une idée tenace qui a une conséquence immédiate: nous simplifier sa construction, mais à quel prix?

Même ceux qui ont tenté l'expérience nous font la démonstration du contraire il suffit d'écouter leurs orgues construit avec cette technique ils sont poussifs dans les basses et toujours trop brillant dans les aigües. La réponse à cette affirmation est dans l'article sur l’alimentation des flûtes.

 

-18) les flûtes sans potelets ça ne peut pas fonctionner!

A gauche, une flûte en coupe avec potelet et à droite à bouche inversée (mais qui conserve les potelets vers l'intérieur)

 

La plus-part des professionnels considèrent que les potelets sont indispensables pour les flûtes en bois.

C'est la partie qui prolonge la face avant quand on fait la lèvre supérieure au ciseau en ne la creusant que sur la partie en face de la lumière et sur la hauteur de bouche. Si on prolonge les potelets sur la profondeur (parallèlement aux cotés) on leur donne un autre nom: "les oreilles".

Ces professionnels n'ont en général même pas fait d'essais pour des flûtes sans potelets puisqu'ils affirment qu'elles ne peuvent pas fonctionner sans, alors que justement nous les faisons sans potelets et que ça marche quand même. Même avec des flûtes sans potelets sous les yeux qui fonctionnent pour leurs oreilles, ils nous  affirment que ce n'est pas possible dans les festivals. C'est très étonnant!

Le fait de faire la pente de la lèvre supérieure sur toute la largeur de la face avant comme on le montre dans nos blogs, fait disparaître ces potelets et facilite grandement la fabrication des flûtes (c'est plus rapide et plus facile).

Par contre la présence des potelets abaisse la fréquence (environ un demi-ton) par rapport à une flûte sans potelets et donc permet un fonctionnement avec une longueur raccourcie. Ce qui permet une économie (peu importante) de bois.

Si on supprime ces potelets pour une flûte calculée avec un diapason prévu pour potelets, alors le tampon sort de la flûte quand on accorde pour obtenir la note prévue. C'est en cela qu'elles ne peuvent pas fonctionner.

Nos diapasons tiennent compte de cette sur-longueur nécessaire et nos flûtes fonctionnent parfaitement.

Les seules différences sont le contenu harmonique (donc le timbre) et la transition (passage du silence au son stabilisé). Mais à ma connaissance, actuellement aucune étude scientifique n'a abordée ce sujet, pour considérer les potelets comme indispensables.

Chacun peut faire selon son expérience et ses gouts! Il s'agit là d'un débat stérile tant qu'on ne peut démontrer la suprématie d'une méthode sur l'autre.

 

- 19) les MVT et les VMC ne permettent pas d'alimenter un couple de flûtes en voix célestes.

Le pire en la matière n'est pas une idée fausse mais le mensonge et le trucage!

Une vidéo a été mise sur le net avec cette affirmation par un ancien adepte qui tente désespérément de dénigrer une technique qu'il a soutenue auparavant en produisant une vidéo truquée intentionnellement.

 

 

 

Une tentative de démonstration légèrement faussée! L'auteur appuie moins fort avec 2 flûtes pour la VMT et plus fort avec 2 flûtes pour la soupape. Il suffit de chronométrer les temps de vidange de la réserve pour chaque cas pour comprendre le trucage.

mais l'auteur ne peut ignorer l'existence de la démonstration du contraire de ses affirmations puisqu'il était présent lors de l'enregistrement de celle-ci :

 

 

Elle fait bien la démonstration de la possibilité  d'alimenter une seule flûte normale ou deux flûte en voix célestes avec la même VMC !

Voir les explications sur l’article sur les VMC.

 

Il suffit de lire l'article sur l’effet venturi pour comprendre que la commande par soupape Erman ou VMT n'a rien à y voir. Ce n'est pas la nature du système qui permet d'alimenter 1 ou 2 flutes mais  le diamètre d’alimentation ou la pression donc le débit qui prédomine dans ce cas.

 

De plus c'est même tout le contraire une soupape Erman est par construction déjà juste pour alimenter une basse. lisez pour vous en convaincre l' article sur les membranes.

 

Parmi les essais en cours et suggérés pour alimenter deux flûtes en voix célestes avec une même vanne à membrane tangentielle et surtout avec une même pression, la méthode suivante est déjà diffusée par ce blog :

 

Une vanne à double corps avec une arrivée correctement dimensionnée pour deux flutes et deux départs individuels du diamètre nécessaire à chaque flûte.  Si un jeu n'est pas en action la membrane permet de l'alimenter mais comme le registre n'est pas ouvert les flûtes correspondantes ne jouent pas.

 C'est une solution que j'ai évoquée entre adeptes des Vannes à membrane depuis les rassemblements de constructeurs amateurs comme à Sarlat .

 

 

 

 

VMT-céleste.png

 

Le diamètre de l'arrivée A est égal à racine de 2 fois celui des départs D1 et D2 le reste est à l'avenant comme dans les paragraphes ci-dessus. Cette méthode permet de fonctionner avec une même pression pour une ou deux flûtes. C'est donc bien un problème de diamètre d'alimentation et non pas un problème de nature de soupape comme le laisse sous entendre ce détracteur et truqueur de surcroit.

 

La même technique peut également s'appliquer aux VMC avec les mêmes contraintes une alimentation de diamètre égal à racine de 2 fois le diamètre de chaque départ qui eux sont percés sur les cotés opposés:

 

 

vmc-voix-célestes.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 20) la musique est universelle

C'est une erreur courante des traducteurs qui font l'adaptation d'un livre d'une langue vers une autre ils traduisent le texte mais dès qu'il s'agit de musique personne ne pense que la notation de la musique n'est pas la même d'un pays à l'autre même et surtout quand la notation se ressemble.

Un  article entier est consacré à ce problème!

 

- 21) la musique adoucit les mœurs

L'expérience montre bien le contraire! D'abord il n'y a pas une musique mais des musiques très différentes:

classique, baroque, jazz, traditionnelle, populaire, ethnique...

Et même dans un style commun à un groupe les sujets de discordes sont essentiellement des problèmes d'ego sur des points de détails totalement étrangers à ceux qui ne sont pas initiés.

Nous avons des opposants qui si ils en avaient la possibilité nous condamneraient volontiers au bûcher pour hérésie uniquement parce que l'on utilise de l'électronique dans nos orgues de barbarie. Voire simplement parce qu'on utilise des colles modernes...(voir les commentaires en fin d'article)

 

Ils prétendent être les gardiens d'une tradition qui ne passe que par une manivelle et des cartons (voir le point 7) et prétendent nous interdire toute autre forme dans certains festivals.

 

astérix 3.jpg

 

 

Nous avons aussi une liste de questions stupides! Sur la proposition de PP (Pierre Pénard) voici deux sites anglais qui nous en donnent un joli florilège que je n'ai même pas pensé à mettre mais comme beaucoup j'en ai déjà quelques fois entendues et les questions sont tellement stupides qu'un ballot peut y répondre par lui-même.

 

astérix 1.jpg

 

On peut les consulter ici:

 

Les questions stupides : http://www.melright.com/music/stupid.htm
La FAQ : http://www.melright.com/music/faqpage.htm
Il signale:"C'est pas du premier degré hein. Mr. Green"
 

Pour ceux qui ne peuvent comprendre l'anglais utilisez le traducteur automatique de Google qui ajoute encore au comique et à "l'humour typiquement britanique" avec sa traduction mot à mot mais ça donne une idée du sens général:

 

 

Luttons tous contre la connerie! Comme De Gaulle répondons " vaste programme"

 



08/03/2016
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