L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

les problèmes de notations en musique pour orgue de barbarie

 

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Les obstacles de la langue nous poussent à lire les ouvrages étrangers dans des ouvrages traduits par d'autres qui maitrisent les langues de départ et d'arrivée mais pas toujours le sujet du livre. Ainsi un bon traducteur Anglais / Français qui pense que la notation de la musique est  universelle traduira pour C1 en anglais (qui alors correspond à une note de 32.7 Hz) à la rigueur en do1( qui lui correspond à 65.4 Hz).

Le pire c'est de ne pas tenir compte de ces nomenclatures dans les traductions successives d'ouvrages allemands en anglais, puis français, par exemple un C2 ou c2 laissé sans autre indication d'origine peut finalement être interprété en:

un C2 correspond  en allemand à 16,3Hz

       c2    "                  en allemand à  523Hz

        C2   "                     en anglais à   65.4Hz

         do2  "                  en français à 130.8Hz

Ce phénomène est encore plus flagrant dans les notices d'utilisation des appareils midi, accordeur, clavier, etc....ou la traduction est très secondaire et souvent sous-payé donc largement ignoré par souci d'économie.

 

Par exemple la lettre B aux US correspond à notre si ou do b

la même lettre b d'origine allemande correspondra en français à notre la# ou sib de quoi se mélanger les pinceaux si en plus quelqu'un se trompe dans les majuscules /minuscules ou si par malheur le traducteur à voulu distinguer la note B du signe b pour bémol contraire de # dièse.

les allemands désignent le B# par H . Ce qui permet à Bach (celui du clavier bien tempéré) de glisser la suite de notes  Sib-La-Do-Si dans ses oeuvres.  Plaisanterie totalement incompréhensible à une oreille française ou même anglaise puisqu'elle se note B-A-C-H mais uniquement en allemand (anecdote signalée par François).

Finalement les pires confusions sont possibles et même fréquentes. Un livre en français et donc non traduit pour nous, fait le point de façon intéressante il s'agit de"acoustique et musique" d'Emile Leipp chez Masson dont la première édition date de  1971 pages 120 à 148.

Et plus particulièrement les tableaux des pages 146 à 148. Ce qui nous donne quelques explications.

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 Mais justement Emile Leipp ne connait pas l'orgue, ni l'orgue de barbarie et commet des erreurs majeures quand il en parle dans son ouvrage:

page 70 pour décrire son fonctionnement il écrit: "La feuille perforée défile entre le sommier et le pied des tuyaux. Lorsqu'un trou se présente au pied du tuyau, de l'air comprimé fourni par un soufflet passe; le tuyau sonne". C'est ce genre de croyance qui a donné naissance à l'orgue Busker de John Smith et qui donne un orgue dont les basses sont sous alimentées. Il manque les soupapes de déclenchement entre les deux et c'est bien là le coeur du  fonctionnement d'un orgue de barbarie.

 

page 218 il confond volontairement la lèvre supérieure et le biseau confusion de débutant qui prouve son ignorance du sujet avec l'assurance d'un spécialiste d'un sujet voisin mais pas de celui qu'il prétend traiter. Cela contribue à perpétuer des confusions malheureuses avec en plus l'affirmation qu'il a levé les ambiguïtés un comble! en plus il produit un croquis avec une flûte couchée à l'horizontale, une lumière aussi large que la hauteur de bouche et prétend que les autres appellent son biseau lèvre inférieure alors que c'est lui qui ne sait pas où est la lèvre inférieure de la pure mauvaise foi .

 

 il affirme dans le paragraphe suivant:

La forme d'une lame d'air est bien régulière et fixée une fois pour toutes. Il suffit que le biseau soit placé au bon endroit pour que la lame d'air vienne s'y briser et produire, à coup sûr, le son.

Une simplification digne d'un véritable conte pour enfants quand on sait que le vortex passe alternativement de part et d'autre de la lèvre supérieure!

Donc il y a aussi des erreurs dans les livres (mais moins que sur l'internet).

 

Par contre je lui dois d'avoir compris les explications sur les diagrammes de Fletcher sur la perception relative d'intensité (page 113)  et la  perte d’audition des fréquences aigües avec l’âge (page 118). Et pourquoi les accordeurs de pianos faisaient une partition par cumulation de quintes et d'octaves successives qui aboutissent à une octave trop longue d'un comma de Pythagore (page 145).

Les accordeurs de piano savent accorder un piano à l'oreille.  A l'origine, les instruments n'avaient pas une tessiture très grande, ce qui évitait les problèmes.
Et puis Bach est arrivé. Avec quelques autres, il a défini son clavier bien tempéré avec les quintes fausses, les quartes fausses , les tierces fausses. Les accordeurs se sont mis à la page aussitôt, à l'oreille,  sans attendre les accordeurs électroniques. Ce sont les théoriciens de la musique qui décident selon les époques que la quinte doit être juste ou pas. Les accordeurs, ne sont que de pauvres exécutants.

 

Ce livre sert de base aux professeurs de musique et mérite de faire partie de la bibliothèque de tout français qui se penche sur les problèmes d'acoustique musicale mais donc il doit être complété par quelques autres plus récents, plus scientifiques et moins péremptoires.

Comme:   les instruments de l’orchestre chez Belin

 

L'ordre des notes midi :

 

Il est évident qu'un décalage d'une octave ne modifiera pas la perception de la mélodie mais seulement sa hauteur et un chanteur adaptera instinctivement la hauteur de son chant pour rester dans sa tessiture quelque soit l'octave de départ jouée par un instrument.

Dans un orchestre il est tout à fait possible de faire jouer une même note à des instruments dans des octaves différentes sans générer de discordances.

Merci à Francois Hau  pour ses améliorations et corrections multiples.

 

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03/10/2014
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