L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

rayonnement et propagation

Le premier critère qui influence la fréquence de résonance de la fondamentale d'un tube est la longueur et les harmoniques ou partiels, s'en déduisent directement.

 

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On sait que la longueur théorique détermine la fréquence de la fondamentale et qu'elle doit aussi être ensuite corrigée en premier ordre en fonction du diamètre (pour les tubes cylindriques) ou de la profondeur (pour les tubes rectangulaires). Cette correction est fonction du fait que le tube est ouvert ou fermé à l'extrémité opposée à la lumière. C'est la  loi de Cavaillé-Coll qui tient compte du fait que le tube est ouvert ou fermé.

 

 

De même la correction du coté de la bouche est fonction du rapport entre la surface de la bouche et l'ouverture maximale. De ce coté l'ouverture est toujours partielle.

 

 

"Passage du tuyau ouvert au tuyau fermé

Rappelons tout d'abord qu'un tuyau bouché donne un son de fréquence deux fois moins élevée qu'un tuyau ouvert de même longueur.

Lors du recouvrement graduel de l'extrémité ouverte, le son baisse de façon continue mais pas régulière. Tant que le rétrécissement n'a pas atteint la valeur de la moitié de la surface totale de l'extrémité, l'effet est peu perceptible.
Au delà de cette valeur, on perçoit nettement un abaissement de la hauteur qui s'accentue considérablement lorsque le rapport de la section du trou atteint 15/100e de la section du tuyau. Lorsque le tuyau est totalement bouché à son extrémité, le partiel 1 a baissé d'une octave.

La moindre fuite d'air dans la calotte d'un bourdon (tuyau d'orgue bouché à son extrémité supérieure) en change considérablement l'accord ainsi que la sonorité car le tuyau parle alors très mal.

 

 

 

Tant que le rapport de la section du trou sur la section du tuyau reste supérieur à 0,5 les partiels ne sont pas plus affectés que le fondamental et ils sont toujours "justes". Au delà on constate un abaissement en fréquence de même quantité pour chaque partiel, ce qui a pour conséquence de fausser leur rapports. A l'oreille, ils paraissent trop hauts car leur fréquence est supérieure à celle des harmoniques du partiel 1 (ou fondamental).
Sur le graphique, l'abaissement est mesuré en Savarts.
Lorsque le trou devient très petit, la fausseté s'accroît considérablement puis on passe à un autre système de référence: les partiels d'un tuyau bouché (seuls les partiels de rang impair s'y font entendre).

 

 

 

Le rayonnement, c'est le raccordement d'une onde plane à l'intérieur du tube qui rayonne dans l'air ambiant en se transformant en une onde sphérique. Ce phénomène est tellement compliqué à expliquer et mesurer que Levine et Schwinger (deux chercheurs en physique) ont obtenu un prix Nobel pour leur travaux sur le sujet qui trouvent des applications dans le vaste domaine des ondes sonores et électromagnétiques.

 

rayonnement-R.png

 

Ce phénomène est d'autant plus influant que le diamètre est grand.

 

On doit donc distinguer la longueur physique et la longueur acoustique qui se déduisent l'une de l'autre en fonction de la correction du diamètre (ou de la profondeur). Cette notion est souvent signalée dans les expériences sous le terme de "ventre fictif". l'ordre de grandeur est de 0.6 fois ce diamètre.

correction-R.png

 

 

 

 

 

 

Le timbre d'une flûte est influencé par les harmoniques. Par exemple les bourdons ne présentent que les harmoniques impaires, alors que les flûtes ouvertes ont un contenu harmonique qui contient les fréquences paires et impaires.

 

 

Mais il y a aussi une correction de second ordre nécessaire pour tenir compte du ralentissement de la propagation des ondes dans le tube par frottements sur les parois. C'est ce que l'on nome la propagation.

 

propagation-R.png

 

Ce phénomène est d'autant plus influant que le diamètre est petit et la fréquence basse.

 Il est aussi fonction de l'état de surface de l'intérieur du tube.

 

 

Remarques personnelles

l'échelle choisie montre une très nette influence des fréquences basses mais un coup d'œil sur la variation de vitesse relative de phase montre que la variation est réduite au passage de 99.5% à 97.5% de l'effet visco-élastique sur la célérité soit 2%.

L'effet n'est nettement sensible que pour des diamètres très petits (en deçà de 10mm) ce qui ne se rencontre que pour des flûtes dans l'aigüe et jamais pour une basse.

Et comment une onde qui est ralentie au contact de la paroi peut-elle être considérée comme plane à l'intérieur du tube?

 

 

 

En conclusion si l'on prend 4 tubes :

deux longueurs (par exemple 30 cm et 3.0 m) et deux diamètres différents (1 cm et 4 cm):

 

quel sont le critères qui vont faire que les tubes sonnent plus ou moins grave?

-Dans le couple des deux tubes courts le plus grave est celui qui a le plus grand diamètre car le rayonnement est prépondérant et sa longueur acoustique semble allongée de deux ventres fictifs de 0.6 fois le diamètre aux extrémités ouvertes.

 

-Dans le couple de deux tuyaux les plus longs le plus grave doit être celui qui a le diamètre le plus petit si la propagation est prépondérante et sa longueur acoustique semble allongée en raison du retard généré par les frottements sur les parois et ce phénomène sera aussi d'autant plus accentué que l'état de surface des parois est rugueux.

 

Ces corrections sur la longueur acoustique sont donc difficiles à calculer et sont facilement rattrapées par les variations du tampon ou du système d'accord à condition d'avoir des sur-longueurs initiales suffisantes. les corrections sur le timbre étant alors plus ou moins prises en compte par  la progression qui est elle-même aussi progressive.

 

De plus leurs effets sont opposés et donc peuvent se compenser dans une large fourchette de longueurs. Le rayonnement et la propagation sont donc difficiles à isoler (puisqu'ils sont produit simultanément) et les mettre en évidence demande à examiner dans les extrêmes c'est à dire le plus grand diamètre pour les longueurs les plus petites, et le plus petit diamètre pour les plus grandes longueurs ...

 

Or nos flûtes basses sont toujours de grand diamètre, donc la propagation n'y intervient que peu et nos flûtes aigües sont systématiquement de  longueurs courtes donc la propagation sera toujours négligeable.

 

Par contre l'influence du rayonnement sera évidente même à l'oreille d'un auditeur ordinaire pour le couple de tubes courts.

Le rayonnement sera aussi plus important pour des flûtes ouvertes que pour des bourdons, ainsi que pour des flûtes phicophones par rapport à des flûtes traditionnelles.

 

 

Benoit Fabre nous l'explique dans cette vidéo  entre  27' 50" et 33'08" justement sans utiliser un couple de tubes longs.

 

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11/02/2017
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