L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

Anatomie d'une flûte et conventions T

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Un vocabulaire commun évite les approximations, inexactitudes et incompréhensions. Alors voici celui qui est couramment admis dans notre communauté.

Pour les habitués il peut sembler inutile mais les nombreuses questions des débutants démontrent bien l'utilité d'un tel lexique

 

Une flûte est composée de deux parties principales le corps (une partie statique dont le rôle est de résonner en accord et stabiliser la fréquence de la note recherchée) et l'excitateur (une partie active dont le rôle est de  transformer l'air sous pression en vibration).

 

Le corps lorsqu'il a la forme d'un tuyau rectangulaire est composé de deux cotés égaux et deux façades (inégales):

le fond qui occupe toute la longueur et la façade avant (qui est en retrait pour laisser un passage, la bouche qui va produire le son) et éventuellement d'un tampon.

 

Mais il peut prendre aussi d'autres formes très variées pour obtenir des sonorités particulières. Comme les résonateurs d'Helmotz pour faire des flutes cubiques!

 

L'excitateur des flûtes à bouches est composé du noyau avec une arrivée d'air et de la lèvre inférieure,  entre les deux la lumière, elle laisse passer cet air sous pression et produit une lame d'air fluide qui en se mélangeant à l'air ambiant produit un vortex qui entre en vibration avec le corps en passant alternativement d'un coté à l'autre du bord de la lèvre supérieure (donc de l'intérieur à l'extérieur du corps) ce qui produit un son comme dans un sifflet.


 

 

Mais il y a d'autres modes d'excitation comme les anches libres ou battantes et même  les diaphones avec une membrane ou de type Hope Jones.

 

 

 

Les parties de la flûte sont en noir et en chiffres et les côtes sont en rouge et en lettres. Les numéros renvoient à la figure

 

 anatomie flute-R.jpg

 

 

 

1   Les cotés : longueur e x largeur c, épaisseur (généralement 4 à 6mm et pour nos flûtes sans potelets)

       Si la lèvre supérieure a été creusée au ciseau dans la face avant seulement dans la partie face à la lumière (a), il reste ce qu'on appelle les potelets qui se prolongent  jusqu'à la lèvre inférieure (et les cotés ne sont pas visibles à cet endroit).

 

2   Le fond (ou façade arrière) : longueur e largeur h   +1mm pour ponçage 

3   La façade avec la lèvre supérieure 4 : longueur (e-b-g) x largeur h+1mm épaisseur variable.

4   Lèvre supérieure pente 5° à 22° recommandé 8° (l'épaisseur d'extrémité ± égal à la lumière a) 

5   Noyau : largeur f, profondeur c, hauteur b

6   Chambre (creusée dans le noyau)

7   Lèvre inférieure : largeur h, hauteur b, profondeur de  2 à 15 mm

8   Pied de flûte (arrivée de l'air)

9 Tampon (pour les bourdons ou flûtes bouchées)

 

 

a   Lumière : espace entre le noyau 5 et la lèvre inférieure 7 (de 3/10 à 7/10)

b Hauteur de noyau (et implicitement hauteur de la lèvre inférieure)
c Profondeur interne

d Hauteur acoustique (ou longueur acoustique réelle différente de la longueur acoustique théorique)

 e Hauteur totale (ou longueur totale)

 On a la relation e = d+b+g+ la hauteur du tampon et une marge pour l'accord
 f Largeur interne

g Hauteur de bouche

h Largeur de façade 

 

Il faut expliquer à ceux pour qui le biseau est la partie en pente de la façade de la flûte,

que c'est une partie toujours visible et tout particulièrement celle des physiciens, mais ce n'est pas la bonne. Il faut éviter dans notre vocabulaire ce mot « biseau » qui normalement ne désigne que le bord (incliné) du noyau avant la lumière (et qui est donc caché) mais que certains par confusion utilisent aussi bien pour la pente de la lèvre supérieure  ce qui le rend par conséquent ambigu pour les novices.

C'est sur cette partie que l'on peut faire des dents voir l'article " comment nicker ses flûtes".

 C'est encore le cas d'Emile Leipp qui ne connait pas l'orgue, ni l'orgue de barbarie et commet ces erreurs majeures quand il en parle dans son ouvrage "acoustique et musique" :

 page 218 il confond la lèvre supérieure et le biseau confusion qui prouve son ignorance du sujet avec l'assurance d'un spécialiste de l'acoustique, une spécialité voisine mais pas celle de l'orgue de barbarie qu'il prétend expliquer. Cela contribue à perpétuer des confusions malheureuses avec en plus l'affirmation qu'il a levé les ambiguïtés un comble! en plus il produit un croquis avec une flûte couchée à l'horizontale, une lumière aussi large que la hauteur de bouche et prétend que les autres appellent son biseau lèvre inférieure alors que c'est lui qui ne sait pas où est la lèvre inférieure de la pure mauvaise foi. Mais encore une source de confusion!

il affirme dans le paragraphe suivant:

"La forme d'une lame d'air est bien régulière et fixée une fois pour toutes. Il suffit que le biseau soit placé au bon endroit pour que la lame d'air vienne s'y briser et produire, à coup sûr, le son."

Une simplification digne d'un véritable conte pour enfants quand on sait que le vortex est turbulent et qu'il passe alternativement de part et d'autre de la lèvre supérieure sans se "briser" donc tout sauf fixe et que c'est c'est le corps de flûte qui agit comme un résonateur la "lame d'air" comme il dit est un vortex qui agit comme excitateur!

C'est une notion fondamentale pour les facteurs d'orgues et croire le contraire une erreur courante (voir le point N°2 et 11 de l'article sur les idées fausses).

 

 

La lumière peut désigner parfois une partie et parfois une côte d'épaisseur (lorsqu'on la donne en mm ou 1/10 de mm).


 

La longueur acoustique réelle d, est différente de la longueur acoustique théorique ( loi de Cavaillé-Coll)

en  première approximation, en raison de la profondeur interne c

Pour une flûte ouverte (sans tampon) on retranche une fois la profondeur c

Pour un flûte fermée (un bourdon avec tampon) on retranche deux fois la profondeur c


 

deuxièmement en raison de l'état de surface interne des cotés du corps mais là, on entre déjà dans un autre  domaine; la construction d'un diapason de flûte dont on a déjà le vocabulaire pour comprendre à quoi correspondent les côtes données dans le fichier ci-dessous.



Dernièrement un article montre justement une  façon inhabituelle de placer ces deux parties le corps résonnant et l'excitateur. Ce type de flûte présente plusieurs améliorations:

une plus grande puissance sonore

une pression de service moindre donc aussi une consommation réduite

des partiels et harmoniques plus justes

une plus grande possibilité de réglages variables particulièrement la hauteur de bouche 

 

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Et une autre précision en réponse à une question récurrente :

"dans quelle ordre les flûtes sont-elles raccordées à la flutes de pan?"


 

Si pour un 27t pneumatique on numérote les flûtes de la plus grave (donc la plus longue) à la plus aiguë (donc la plus courte) de 1 à 27 il faut les raccorder à la flûte de pan dans le même ordre en commençant par la N°1 raccordée au premier trou (celui le plus près du bord de référence).

 

Rappel le bord de référence est du coté du montant du chemin des cartons le plus près des flûtes pour un carton qui défile de gauche à droite du tourneur avec le carton posé normalement (l'image de départ à l'endroit).

 

Pour un 29 trous on numérote de 0 à 28 le 0 est le plus près du bord de référence mais troué dans la marge (donc le N°1 reste à la même place) et le 28 à l'opposé.

Nota les flûtes 0 et 28 ne sont pas toujours les mêmes pour tous.

 

trous27.jpg


 

 

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06/09/2014
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