L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

Vibratos trémulants et voix célestes

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Il existe plusieurs manières d’obtenir des effets que l’on nomme de différentes manières en fonction de la technique utilisée.

 

 

Les voix célestes et unda maris consistent à faire jouer simultanément deux flûtes identiques mais avec un très léger décalage en fréquence qui génère une vibration des amplitudes qui lorsqu’elles sont en phase s’additionnent et lorsqu’elles sont en opposition de phase se réduisent et même parfois s’annulent. Dans un accordéon on parle du jeu musette qui fonctionne sur un principe équivalent.

 

Les explications théoriques:

  //www.mmdigest.com/Tech/AM&FM.html

 

Les explications pratiques :

 


 

 C'est donc un décalage de quelques Hertz constant entre les fréquences de chaque couples de flûtes et non pas un décalage du la central avec  décalage du diapason de 440hz à 443 hz qui ne donne cet effet de vibrato que pour quelques flutes centrales et pas aux extrémités d'un jeu, car la différence est multipliée et donc non constante.

 

 un exemple de réalisation celui de Vreni. Une de nos trop rares représentantes de la gente féminine dans la collectivité des constructeurs amateurs:


et la vidéo d'un professionnel duoart:



 

 

 Cette technique n'est pas facile à mettre en œuvre car alimenter une seule flûte ou plusieurs avec le même système de commande ne permet pas d'avoir la même pression dans les deux cas à cause de l’effet venturi.

 Il est donc nécessaire de bien dimensionner (voir surdimensionner ou chanfreiner) les gravures du sommier pour un orgue traditionnel ou de faire varier la pression comme Pierre Croix dans le cas d'utilisation de vannes à membrane.(voir en fin de l’article sur les VMC).

Par contre c'est un idée fausse que d'affirmer que c'est le  système de commande qui permet de solutionner ce problème. voir le  point 19 de l’article sur les idées fausses.

 

 

 

 


Depuis quelques progrès ont été proposés pour alimenter deux flûtes avec les  VMT ou les  VMC sans augmenter la pression mais en modifiant les vannes par un système de double corps comme dans les dessins ci-dessous:

 
https://static.blog4ever.com/2010/06/419759/artfichier_419759_5370134_201512214658606.pnghttps://static.blog4ever.com/2010/06/419759/artfichier_419759_5236664_201510241317737.png

 

Le diamètre de l'arrivée A par rapport à celui des départs D1 et D2 est dans une proportion de racine de 2.

La section de A est donc égale à celle de D1+D2.

Cette méthode permet de fonctionner avec une même pression pour une ou deux flûtes.

Il est donc bien admis et démontré que l'alimentation d'une ou deux flûtes avec la même soupape ou vanne à membrane n'est pas une question de nature de soupape mais bien de diamètre d'alimentation donc de débit, contrairement aux fausses idées développées par certains qui tentent maladroitement de faire croire que c'est la nature (soupape ou Vanne à membrane) qui influence son fonctionnement défaillant en voix célestes.  

 

La commande par le tube vers la Flûte de pan reste commune et le conduit avec la vis de réglage entre l'arrivée et la chambre aussi.

 

 

 D'autre part la sensibilité du bois aux variations de température et d'humidité oblige à surveiller de très près les variations même légères d'accord pour conserver cet écart de seulement quelques Hertz entre les deux flûtes d'une même note.

 

 

Le trémulant ou tremblant doux et tremblant fort

Le trémulant obtient un effet similaire par une technique plus rudimentaire : avec un jeu unique de flûtes dont l’alimentation en air est modifiée par variation de l’admission d’air par impulsions de l’air géré par des vannes à effet de feed back qui fonctionnent un peu sur le principe de l’alimentation électrique d’une sonnette avec un réglage sur la fréquence par le couplage du système de feed back plus ou moins rapide.

Un exemple de trémulant par Johan Liljencrants //www.fonema.se/

//www.fonema.se/tremreg/tremreg.htm

On peut envisager d’autres techniques comme faire varier la pression directement sur la réserve par une masse montée sur un excentrique qui fait varier la fréquence de vibrato directement par la  vitesse de rotation mais ce genre de mécanisme fatigue très rapidement les collages des cuirs et des éclisses des pompes et surtout de la réserve et n’est donc pas recommandé.

 

La distinction entre tremblant fort et tremblant doux

Dans le livre de Guédon (copie de l’art du facteur d’orgue) il y a une description et une distinction entre tremblant doux et fort pages 53 et 54.

Fig 250, 238, 239, 240 planche 5

Fig 195, 197, 198, 203 204 planche 4

Et dans l’original du Dom Bedos  pages 124 à 126:

Fig 21, 9, 10 et 18 planche XLIX

Fig 5, 7 et 11 planche XLVI

En gros le tremblant doux est une variation de l’alimentation sans perte de vent et le tremblant fort qui est comme on s’en doute plus audible parce qu’obtenu par une fuite de pression dite à vent perdu.

Egalement décrit dans le livre d’Audsley the art of organ-building page 651 à 660.

trémulant-R.jpg

Cette technique est couramment utilisée dans les orgues d’église et les orgues de foire mais pas utilisée dans les orgues de barbarie. C’est comme rechercher à obtenir l’effet des piscines à vagues dans sa baignoire.

Un exemple de tremblant fort en vidéo

 

Le soufflet que l'on voit ici n'est pas la réserve mais un système supplémentaire sur le circuit de distribution entre la réserve et les flûtes.

Le résultat en vidéo:

 

Une dernière possibilité offerte aux constructeurs amateurs d’orgue de barbarie et qui leur est propre puisque absente des orgues d’église:

 

 

les flûtes vibratones et les jazz-flûtes.

Ce système est décrit dans le livre d'Eric V. Cockaine "the fairground organ" page 114

 

Ces flûtes utilisent surtout une technique particulière le trou nodal ou la cheminée

 

 

Il y a en plus une palette qui cache un trou à l'arrière de la flûte en face de la bouche et qui est commandée par une arrivée d'air obtenue par un tuyau qui est très ressemblant à nos tuyaux de commande de flute de pan vers les soupapes, mais dont la fonction est de soulever toutes les palettes par impulsions générées par un système de production d'air auxiliaire, qui lui n'est décrit ni dans le livre the fairground organ de V. Cockaine, ni dans aucun de mes bouquins. Ce système est comparable à un tremblant.

il faut donc en concevoir un soi-même sur le principe des tremblants fort ou doux comme signalé dans la vidéo montrée ci-dessus.

Je n'ai trouvé aucun exemple sur le net ce qui semble indiquer que les amateurs n'ont pas encore tenté l'aventure et j'en ai observé quelques exemplaires sur des orgues de foire de grands fabricants comme le "victory et locomotion" de Verbeeck on peut entendre le son caractéristique du vibrato à 1' 40 " dans cette vidéo.

 

 

Et surtout l'exemple le plus célèbre du vibrato de l’orgue Lekkerkerker de l'indicatif du ciné-club d'antenne 2 dans amour et printemps:

La vidéo de sa restauration.

 

 

 

Sinon en changeant d'instrument le plus indiqué pour obtenir un effet de vibrato est le vibraphone. Un instrument qui ressemble au xylophone mais avec des lames métalliques et des résonateurs dont l'extrémité ouverte est obturée par des opercules tournants à vitesse variable.

 

 



03/10/2014
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