L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

Les entailles ou dents

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Les entailles ou dents

(nick en anglais d'où l'expression comment nicker ses flûtes)

 

Bien que d'habitude je ne parle que de ce que j'ai déjà expérimenté, ici exceptionnellement, je vais parler d'une technique que je n'ai pas encore mis en œuvre et dont je n'ai qu'une connaissance purement théorique extraite de ma bibliographie.

 

Dans l'orgue la technique des entailles est relativement contemporaine et d'esprit romantico-symphonique. Elle est quasi inexistante ou très discrète à l'époque baroque.

 

La forme du jet d'air qui sort de la lumière dépend étroitement de l'état des arêtes du fond, de la lèvre inférieure et du biseau ou noyau ainsi que de l'état de surface du matériau. On cherche généralement un écoulement le plus laminaire possible avant la lumière.

Puis après le jet d'air passe en régime turbulent.

Lorsque les arêtes sont vives, le son de bouche est riche en fréquences aiguës ce qui produit un bruit caractéristique à l'attaque du tuyau. Ces fréquences aiguës produisent des battements avec les harmoniques. Le son est riche mais instable et le tuyau grésille.

La pratique des entailles ("dents") sur le plan incliné du noyau  oblige le jet d'air à s'écouler suivant des vitesses différentes (cette partie inclinée est le véritable biseau que beaucoup confondent avec la lèvre supérieure qui est elle toujours apparente et inclinée en forme de biseau d'où les confusions). La formation de tourbillons annexes s'oppose à la production de fréquences aiguës. Il y a renforcement de la fondamentale dans le spectre sonore. L'attaque est plus sûre mais devient conjointement plus molle.

L'intensité du fondamental est renforcée et les harmoniques sont plus stables. La perte d'harmoniques aiguës rend la sonorité du tuyau plus sourde.

Comparaison des spectres sonores extrait de l'article de Didier Guiraud Willot paramètres d'un tuyau :




Le livre le plus explicite sur la technique est certainement « Organ-building for amateurs » de Mark Wicks datant de 1887 pages 213 à 220 chapître XIII. ISBN :0722258992.

Dont voici un extrait des figures

 

L'aspect des dents sur un noyau en bois




L'outil pour les faire




La règle de fabrication (figure 184) un triangle avec comme base la plus grande largeur de noyau et en hauteur la profondeur de ce même noyau les lignes concourantes forment un abaque ou il suffit de reporter la largeur d'un noyau quelconque pour tracer l'espacement des dents.

 

On en déduit (figure 185) qu'il y a de vingt à vingt deux stries dont l'espacement E est proportionnel à la largeur L du noyau. Soit E=L/20

Ces stries sont de profondeur variable elles commencent à 0 à partir de la chambre du noyau et s'enfoncent progressivement jusqu'au bord de la lumière à la sortie du noyau d'une profondeur P maximum égale à la moitié de l'espacement. Soit P=E/2.

La largeur apparente l maximum des stries est aussi proportionnelle à la moitié de la profondeur. Soit l=P/2 elle dépend en fait du profil de l'outil (figure 182)

Elles sont également inclinées de gauche à droite quand on regarde la pente du noyau avec un décalage de deux espacements sur la longueur de la pente (figure 185). Ce qui oblige certainement à faire les entailles avant collage du noyau (pour ne pas butter sur les cotés) et ne permet qu'un rattrapage peu aisé après collage.

A pratiquer avec modération d'après toutes ces sources.

 

Voir également les conséquences sur les harmoniques chez Johan Liljencrants



03/10/2014
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