L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

l'étanchéité et démontage

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Le principe général qui dirige toute la construction d'un orgue est certainement l'étanchéité qui doit être parfaite et à tous les endroits d'ailleurs je dis souvent que "construire un orgue c'est faire de la plomberie avec du bois".

Ce principe est en opposition avec un autre qui demande que chaque partie soit démontable pour pouvoir accéder partout pour intervenir sur une panne ou un accident du type: un copeau s'est glissé exactement là où il ne faut pas.

Donc chaque partie doit être démontable et séparable  du point de vue pneumatique mais aussi électrique et mécanique.

Du point de vue mécanique, on a déjà vu les charnières, articulations et paliers.

Du point de vue électrique il y a les connecteurs type informatique avec détrompeurs pour les nappes ou les vulgaires dominos pour les simples raccords d'alimentation de puissance (avec les fils de couleurs pour ne pas inverser malencontreusement les polarités).

Mais du point de vue pneumatique les fournitures industrielles ne sont que rarement adaptées à nos cas toujours particuliers et les prix rapidement prohibitifs en raisons de la multiplicité des connexions (surtout dans un 42t ou un piano 88t).

exemple de récupération d'un joint d'aspirateur  pour un plan de joint entre collecteur et distributeur (applicable aux pompes et réserve).

 

 

 

Alors comment rendre étanche deux parties que l'on veut démontables?

Le principe intercaler un joint souple donc résiliant par exemple un joint compribande et assurer un serrage qui relit ces deux parties  sans oublier de rendre chaque surface interne soumise à la pression de l'air aussi imperméable à l'air qu'un toit est étanche à l'eau.

On peut aussi intercaler un joint en cuir de mégis collé coté ridé sur le plan avec le coté pelucheux vers la surface à étanchéifier sur le principe d'un joint de culasse. Car quelque soit la précision de planéité il y a toujours des risques de fuites à causes de défauts même légers à cause de la rigidité des supports.

Pour toutes les surfaces internes soumises à la pression du passage de l'air (on dit du vent en facture d'orgue) il faut systématiquement boucher les trous et fentes avec de la pâte à bois et vernir ou passer une, voire deux couches de colle d'os avant les collages qui rendent ces endroits inaccessibles (par exemple dans les parties internes du collecteur et du distributeur)

La colle d'os sert aussi à rendre étanche le collage du cuir sur le bois (tout en assurant une réversibilité).

Mais en vieillissant (sur plusieurs dizaines d'années) cette colle d'os a tendance à sécher et craqueler donc un vernis peut être préférable dans les parties inaccessibles l'avantage de la colle d'os c'est de pouvoir en passant un coup de décapeur thermique et avec une patte mouille ou en utilisant un fer vapeur de redonner un coup de jeune à la colle, pour les parties accessibles.

 

Dans le cas de la réserve et des deux pompes ainsi que les trappes de visite des pompes qui sont fixées sur le collecteur, nous recommandons l'utilisation de la graisse téflonée type RONT que l'on trouve en pot cylindrique de couleur verte (pour le pot car la graisse téflonée est de couleur blanche) chez Leroy-Merlin par exemple. Cette graisse est spécialement mise au point pour cette fonction. On l'étale en cordon sur le plan de joint et elle se met en place comme de la confiture entre deux tranches de pain. Pour le décollage l'effort de séparation est réduit mais il faut à chaque démontage nettoyer, ramasser avec une spatule et au minimum mélanger avec de la graisse neuve pour l'économiser avant remise en place. Comme en cuisine quand on utilise de la graisse attention à ne pas s'en étaler partout! gardez un chiffon à portée de main. Cette graisse peut aussi servir à lubrifier les paliers acier/bois du vilebrequin et des rouleaux presseurs et entraineur.

 

 

 

En tout cas, cette technique est sans risque d'arrachement du bois contrairement à celle généralement adoptée comme lors de l'utilisation d'un silicone de salle de bain qui certes est parfaitement étanche mais très difficile à décoller et qui tend à arracher des copeaux d'un coté et de l'autre quand on tente de séparer au couteau une réserve collée avec ce matériau particulièrement résistant au décollage quand on n'a pas préalablement vernis les surfaces  ou utilisé un anti-adhérent.

De plus cette graisse se conserve sans problème même une fois le pot ouvert ce qui n'est pas le cas d'une cartouche de silicone.

 

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Sinon pour relier deux parties avec un tube, comme la flûte de pan et une Vanne à membrane ou une soupape par le tuyau de commande, on utilise des canons en laiton de diamètre extérieur légèrement plus gros (en général 1 mm) que le diamètre intérieur du tuyau qui est emmanché à force sur le canon (les tuyaux PVC qui ne veulent pas s'emboiter seront succinctement mâchés pour ramollir  l'embout). 

Une autre recommandation: pour relier un collecteur et une boîte à soupape il est courant d'utiliser un tuyau annelé du type raccord souple pour évier en diamètre 40mm de plomberie d'évacuation. Il faut faire attention à la qualité de la matière car ceux en caoutchouc se fendillent rapidement et génèrent des fuites difficiles à détecter.

Il faut leur préférer ceux en silicone plus souples et plus durables.

Pour les cas difficiles l'utilisation d'une bombe de mousse pour détecter les fuites de gaz peut permettre de trouver l'origine d'une fuite même légère.

 

Un article sur un constructeur "professionnel" qui affirme qu'on ne peut démonter un orgue sans le casser.
http://www.letelegramme.com...
Il aurait tout compris en radiographiant un orgue (je me mare)

 

Pour l'étanchéité des clapets et soupapes voir l’article correspondant.

Pour l'étanchéité des flûtes et  des tampons de flûtes voir les tampons peinards en silicone



03/10/2014
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