L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

L'orgue de barbarie de Bernard et Philippe

Harmonisation par réglage en lumière

Le rapprochement de deux effets opposés,

peut produire un résultat original!

 

Si on rapproche l'article sur l'effet venturi et celui sur les couches limites, leurs conclusions semblent en contradiction!

 

En effet dans un venturi la vitesse de l'air augmente dans un conduit quand la section diminue.

Et entre deux couches limites la vitesse de l'air augmente dans un conduit quand la section augmente.

 

La contradiction n'est qu'apparente car les deux principes sont exacts et applicables mais dans des domaines de définitions différents:

 

les couches limites freinent l'air pour des sections proches de l'épaisseur des couches limites, donc des sections faibles.

L'effet venturi s'applique pour des sections importantes où les couches limites sont négligeables.

La vitesse passe par un maximum pour une section déterminée au croisement des deux courbes. La vitesse diminue de chaque coté du maximum si la section augmente ou diminue en fonction de l'effet prédominant.

 

Les couches limites sont prédominantes dans les sections plus étroites et l'effet venturi prédomine pour les sections plus importantes.

 

couche limite.png

 

C'est d'ailleurs cette propriété que nous utilisons intuitivement quand nous usinons la lumière avec des  limes bricolées maison avec des grains de plus en plus fins, en écoutant à l'oreille le son qui gagne en puissance dans un premier temps puis passe par un maximum et qui, si on lime trop, perd en puissance.

Nous faisons parcourir la section de la lumière dans le domaine du croisement des deux effets en jeu les couches limites et l'effet venturi, en recherchant à nous caler juste avant le maximum pour à la fois réduire la consommation d'air et obtenir la vitesse donc la puissance sonore maximum ou plutôt optimum.

 

Les couches limites nous expliquent aussi pourquoi lors de l'harmonisation par réglage en lumière l'état de surface et la forme ( arêtes arrondies et longueur de la partie droite du conduit de la lumière) sont si sensibles pour les parties du biseau du noyau et de la lèvre inférieure.

 

Personnellement je vais jusqu'à lustrer ces parties et les enduire de graphite...

 

C'est ce que l'on désigne par harmonisation en lumière par opposition avec l'harmonisation en pied en faisant varier l'arrivée du vent.

 

Voir l' article de Tricoteaux:

2) Le réglage du vent et sa pression

Il y a en gros deux manières de régler le vent, qui correspondent si l'on veut à deux écoles:
- le réglage à la lumière,
- le réglage au pied.

Le réglage à la lumière consiste à laisser le pied complètement ouvert, ou presque, et à régler le vent au niveau de la lumière en la fermant. De cette manière, le vent entre dans le tuyau avec toute la pression qu'il y a dans la gravure. Le tuyau consomme tout le vent que lui fournit le sommier, et l'équilibre se fait entre la hauteur de bouche et la pression. La hauteur de bouche doit être telle qu'elle absorbe tout le vent (ou presque). Au contraire, le réglage au pied consiste à fermer le pied et à laisser la lumière ouverte. De cette manière, la pression est réduite dans le tuyau par la fermeture du pied.

Par conséquent, quand on règle à la lumière, on donne à tout l'orgue une pression basse, qui correspond à ce dont les tuyaux ont besoin pour fonctionner. Inversement, quand on règle au pied, on donne à tout l'orgue une pression haute, beaucoup plus haute que celle dont les tuyaux ont besoin, on ferme les pieds jusqu'à ce que la pression à l'intérieur de ceux-ci corresponde à ce qu'il faut pour qu'ils fonctionnent, et on laisse la lumière assez grande de façon à ce qu'elle n'influe pas trop. En fait, la lumière est tellement grande qu'il y a une décompression dans le pied et au niveau de la lumière. Il peut y avoir 80 de pression dans la gravure, et pas plus de 30 dans le pied et à la lumière.

Quand on règle à la lumière, tous les tuyaux fonctionnent au même régime, qui correspond à la pression de l'orgue. Quand on règle au pied, on peut modifier la pression pour chaque tuyau et les faire fonctionner à divers régimes: on peut garder une pression haute pour certains jeux, et obtenir une pression basse pour d'autres jeux en fermant les pieds. La même chose se produit à l'intérieur des jeux, entre les différentes zones du clavier. Une première conséquence, c'est donc que quand on règle à la lumière, le son n'est pas toujours uniforme à l'intérieur des jeux: il peut y avoir des différences, des changements de timbre, des « trous » où le son est plus faible, parce que la pression est un peu basse relativement aux paramètres des tuyaux à cet endroit. Quand on règle au pied, on enlève ces inégalités plus facilement, parce qu'on a assez de réserve de pression dans la gravure.

Une autre conséquence, c'est que lorsqu'on règle à la lumière, les tuyaux réagissent davantage aux variations de toucher au clavier, parce que tout le vent libéré par la soupape parvient au tuyau sans être freiné. A l'inverse, si on règle au pied, la décompression du vent au niveau du pied et de la lumière neutralise la sensibilité au toucher et uniformise l'attaque. En fait, la pression qui arrive au niveau de la lumière peut être la même dans les deux cas, mais les petites variations dues au toucher sont neutralisées avec le réglage au pied.

D'après mon observation, le réglage à la lumière favorise le mélange des jeux. On le remarque particulièrement dans les orgues nord-allemands, dans lesquels un très grand nombre de mélanges fonctionnent. Il est difficile d'en expliquer la raison. Je suppose que lorsque la hauteur de bouche absorbe toute la pression, et que le tuyau fonctionne presque à sa limite, cela crée un équilibre entre la fondamentale et ses harmoniques. Le traitement du biseau joue aussi un grand rôle pour ne pas avoir trop d'harmoniques.

On construit les sommiers différemment suivant que l'on choisit de régler le vent à la lumière ou au pied. Quand on règle à la lumière, la pression étant basse, les gravures et les soupapes doivent être larges pour assurer un bon débit, ce qui donne un toucher avec un fort décollement. A l'inverse, quand on règle au pied, la pression étant haute, les gravures et les soupapes peuvent être fines, et le toucher est plus léger et a moins de décollement.

 

 Conclusion

 

les orgues de barbarie à un seul jeu de bourdons seront facilement harmonisés avec le réglage en lumière et les orgues à plusieurs jeux seront préférentiellement harmonisés avec la méthode de réglage en pied pour bénéficier de pressions adaptables mais la production d'air sera plus largement dimensionnée ainsi que les gravures du sommier.



07/05/2016
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